L’histoire du tatouage polynésien a connu bien des rebonds. Cet art a failli se perdre à l’arrivée des missionnaires en Polynésie. Avant leur arrivée, les Polynésiens n’utilisaient pas l’écriture, transmettant leur savoir oralement.

D’après les coutumes locales, l’art du tatouage était considéré par les Polynésiens comme ayant des origines divines. Il était interdit et traditionnellement réservé aux classes sociales de rang élevé (Dieux, prêtres, rois, chef de village, chef de tribu, …).

Le tatouage symbolisait l’identité, le rang social, la maturité sexuelle, la personnalité de l’individu et se transformait tout au long de sa vie, racontant son parcours.

C’est à l’adolescence, quand le garçon ou la fille sortait de l’enfance pour devenir un homme ou une femme, que commençait ce processus de marquage.

Le tatouage traditionnel Polynésien était une opération douloureuse qui était généralement organisée en une séance unique … une cérémonie était organisée lors de laquelle les ancêtres et leurs esprits étaient invoqués pour que le tatouage soit parfait et que ses lignes soient harmonieuses et agréables à regarder. Cette cérémonie était guidée par les danses, les chants et les instruments de musique traditionnels.

En general, le tatouage était réalisé dans la maison du tatoueur. Les outils utilisés étaient constitués d’un maillet en bois et de peignes taillés dans de l’os ou encore des écailles de tortue. L’encre était faite à base de suie provenant de la combustion d’amandes d’Aleurites ou de noix de bancoule, mélangée à de l’eau ou du lait de coco. Les motifs étaient au préalable dessinés sur la peau avec du charbon de bois.

Le déclin de la pratique du tatouage a commencé avec l’arrivée des missionnaires en Polynésie Française au 19eme siècle et s’est pratiquement éteinte au début du 20eme siècle. Cet art, ainsi que la polyandrie et la consommation de viande humaine, considérés comme païens, car venant de la culture et des divinités Maohi, ont été sujets à débats au sein des autorités religieuses françaises jusqu’au début du 20eme siècle.

C’est grâce aux concours organisés par les tatoueurs venus de l’archipel des Samoa que le tatouage a connu un renouveau dans les îles du Pacifique Sud dans les années 80. Les coutumes polynésiennes, danses, artisanat, levé de pierre, lancé de javelot, courses de pirogues, commencent alors à reprendre de l’importance.